LE JOURNAL LGS / Droit et conformité

nLPD et RGPD en prospection : lecture pratique

Comprendre le cadre nLPD prospection en Suisse : choisir ses contacts B2B, vérifier les règles par canal, informer clairement et gérer les oppositions sans alourdir la vente.

RESEARCH → SEQUENCE → CONVERSATIONIllustrative workflow · example data
01 / DISCOVER

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ICP → research → enrichment → review
02 / ENGAGE

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03 / LEARN

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Human review at every commercial decision.Explore the process

Distinguer protection des données et droit de contacter

Une adresse professionnelle publiée sur un site ne constitue pas une autorisation générale de prospecter. Pour une équipe commerciale suisse, deux questions doivent être traitées séparément : pouvez vous utiliser ces données personnelles et pouvez vous solliciter cette personne par le canal envisagé ? Une collecte admissible ne rend pas automatiquement un envoi publicitaire licite. Cette distinction évite de construire une campagne techniquement prête, mais juridiquement fragile.

La nLPD concerne les données de personnes physiques, y compris dans leur activité professionnelle. Le nom d’une responsable achats, son adresse nominative et les notes prises pendant un appel entrent donc dans le périmètre. Une adresse générique d’entreprise ne permet pas nécessairement d’identifier une personne, mais reste soumise aux règles applicables à la publicité.

Avant tout lancement, documentez la cible, la provenance des coordonnées, le canal, le motif du contact et le mécanisme d’opposition. Cet exercice doit précéder la rédaction des séquences et l’importation dans les outils.

Le cadre suisse à vérifier avant une campagne

La loi fédérale révisée sur la protection des données, appelée nLPD ou revDSG, impose notamment transparence, proportionnalité, finalité reconnaissable et sécurité. Dans le secteur privé suisse, elle ne fonctionne pas comme une liste de bases légales à recopier du RGPD. Il faut examiner les principes applicables et, en cas d’atteinte à la personnalité, l’existence d’un motif justificatif.

La loi fédérale contre la concurrence déloyale, LCD ou UWG, encadre séparément les sollicitations. Son article 3, alinéa 1, lettre o, vise notamment la publicité de masse transmise par télécommunication. Elle exige en principe un consentement préalable, un expéditeur correctement identifié et une opposition simple et gratuite. Une exception limitée concerne certains clients existants, pour des prestations analogues, sous conditions. Le B2B ne bénéficie pas d’une exemption générale.

Pour le téléphone, contrôlez notamment les restrictions liées à l’astérisque dans l’annuaire et aux numéros non inscrits, ainsi que les exceptions applicables. Une campagne concrète, particulièrement automatisée ou multicanale, nécessite un avis juridique adapté.

Définir une cible qui justifie la collecte

Commencez par les entreprises, puis sélectionnez les fonctions utiles. Un profil client idéal exploitable précise le secteur, la taille pertinente, la région, la langue et le problème commercial traité. Pour une offre destinée aux directions financières, importer toutes les personnes figurant sur la page équipe ajoute du risque sans améliorer nécessairement la pertinence.

Conservez uniquement les champs nécessaires : entreprise, fonction, nom si utile, coordonnées professionnelles, source et date de vérification. Écartez les coordonnées privées et les commentaires subjectifs sur les personnes. Un changement de poste public peut justifier une nouvelle vérification du rôle ; il ne vaut pas consentement à recevoir une séquence automatisée.

Pour chaque contact, exigez une provenance consultable et une décision explicite sur le canal autorisé. Une liste achetée ne transfère pas la responsabilité au fournisseur. Demandez comment les données ont été obtenues et, si un consentement est invoqué, quelle information a été donnée, à qui il bénéficie et quels usages il couvre.

Choisir les canaux sans chercher de raccourci

Évaluez séparément l’email, LinkedIn et le téléphone. Pour une campagne d’emails de masse, ne remplacez pas le contrôle du consentement ou de l’exception applicable par une simple justification commerciale. La personnalisation du prénom et du secteur ne suffit pas à changer la nature d’un dispositif industrialisé. Un message réellement individuel demande également une analyse de son contexte : il n’existe pas de nombre magique de destinataires garantissant sa licéité.

Sur LinkedIn, un profil visible ou une connexion acceptée n’équivaut pas à une permission générale de publicité. Vérifiez les règles applicables au message et les conditions de la plateforme. Évitez les extractions et automatisations dont vous ne maîtrisez ni la conformité ni la provenance des données.

Avant un appel commercial, vérifiez le numéro, son statut et les éventuelles exceptions utilisables. Si aucun canal ne présente de fondement suffisamment clair, suspendez le contact. Une recommandation, une demande entrante ou une collecte de consentement correctement organisée peut offrir une voie plus solide.

Informer clairement dès le premier contact

L’information sur les données ne doit pas être dissimulée derrière une signature illisible. La personne doit pouvoir comprendre qui traite ses coordonnées, pour quelle finalité et comment exercer ses droits. Selon la situation, les destinataires, les transferts à l’étranger et les garanties correspondantes doivent aussi être précisés. Une notice de confidentialité accessible complète utilement un message bref.

Lorsque les données sont obtenues indirectement, la nLPD prévoit en principe une information au plus tard dans le mois, sous réserve des exceptions légales. Si vous communiquez avec la personne avant cette échéance, l’information doit intervenir au plus tard lors de cette communication. Organisez donc cette étape dès l’importation, pas après plusieurs relances.

Préparez une réponse concrète à la question « Où avez vous trouvé mes coordonnées ? ». Indiquez la source réelle, la date de collecte disponible et l’usage effectué. Une formule vague comme « dans une base professionnelle » ne permet ni de rassurer le destinataire ni de contrôler votre propre chaîne de collecte.

Des formulations utilisables sans masquer la démarche

Les formulations suivantes supposent que le canal et le contact ont été validés. Elles ne rendent pas licite une sollicitation qui ne le serait pas. Pour un email à un client existant, uniquement si les conditions de l’exception sont réunies : « Bonjour Madame, vous avez utilisé notre prestation de formation commerciale. Nous proposons désormais un module consacré à la qualification des demandes B2B. Souhaitez vous recevoir le programme ? Vous pouvez refuser nos communications commerciales par simple réponse à cet email. » Ajoutez l’identité complète de l’expéditeur et l’accès aux informations de confidentialité.

Pour un appel autorisé : « Bonjour, ici Camille de Société Exemple. Il s’agit d’un appel commercial concernant votre organisation de la prospection. Est ce un moment possible pour expliquer brièvement le sujet ? » Si la personne refuse, ne transformez pas son refus en exercice de traitement des objections.

Pour confirmer une opposition : « Votre demande est enregistrée. Nous cessons les sollicitations commerciales et conservons uniquement les éléments nécessaires pour éviter de vous recontacter. »

Traiter les contacts européens avec une grille distincte

La présence de contacts dans l’Union européenne impose une vérification spécifique du RGPD, sans conclure que toute adresse européenne suffit à le rendre applicable. Examinez notamment l’existence d’un établissement dans l’Union, une offre de biens ou services visant des personnes qui s’y trouvent, ou le suivi de leur comportement. Faites confirmer le périmètre territorial lorsque votre activité traverse plusieurs marchés.

Lorsque le RGPD s’applique, identifiez une base juridique pour le traitement. L’intérêt légitime peut être envisagé pour certaines opérations de prospection, après examen de la finalité, de la nécessité et des droits des personnes. Il ne remplace pas un consentement exigé par les règles nationales sur les communications électroniques, issues notamment du cadre ePrivacy. Les différences entre pays et destinataires professionnels comptent.

Prévoyez l’information requise, notamment en cas de collecte indirecte, et rendez le droit d’opposition clairement visible. L’opposition à la prospection impose l’arrêt du traitement à cette fin. Une campagne suisse étendue à la France ou à l’Allemagne mérite donc une validation juridique distincte.

Organiser les outils et les responsabilités

Dessinez le trajet des données : fournisseur de listes, CRM, outil d’envoi, téléphonie, agenda et reporting. Pour chaque prestataire, précisez son rôle réel, ses accès, les lieux de traitement et les autres intervenants. Un hébergement annoncé en Suisse ne règle pas tout si une équipe de support étrangère peut consulter les contacts.

Encadrez contractuellement les traitements confiés à des prestataires, vérifiez leurs mesures de sécurité et analysez les communications de données à l’étranger. Selon les destinations, des garanties supplémentaires peuvent être nécessaires. Limitez les exports, activez une authentification renforcée et retirez les accès lors des départs. Ces décisions relèvent autant de l’organisation commerciale que de l’informatique.

Définissez enfin un circuit unique pour les demandes d’accès, de rectification, d’effacement ou d’opposition. Chaque demande doit avoir un responsable et un suivi jusqu’à sa résolution. En cas d’incident, documentez les faits et évaluez rapidement les obligations de notification ; la nLPD et le RGPD prévoient des seuils et délais différents.

Mesurer la pertinence et contrôler les relances

Les ouvertures d’emails ne prouvent pas l’intérêt. Les systèmes de messagerie, protections de confidentialité et outils de sécurité peuvent les gonfler. Ne déclenchez donc pas une relance insistante au seul motif qu’un logiciel affiche plusieurs ouvertures. Les clics peuvent également provenir de contrôles automatisés.

Privilégiez les réponses humaines, les échanges pertinents, les réunions tenues et leur qualification. Définissez celle ci avant le lancement : entreprise dans la cible, fonction pertinente, besoin discuté et prochaine étape acceptée. Suivez parallèlement les adresses invalides, oppositions et plaintes, avec un dénominateur clair, par exemple les messages délivrés. Le reporting hebdomadaire doit rendre visibles les problèmes de ciblage, pas uniquement le volume envoyé.

Fixez une durée de conservation justifiée et une revue des contacts inactifs. Séparez les données commerciales devenues inutiles d’une liste d’exclusion minimale servant à respecter les refus. Avant chaque nouvelle campagne, rapprochez les listes de cette exclusion et contrôlez les relances programmées dans tous les outils concernés.

Préparer un programme avec Lead Generation Switzerland

Avant de déléguer votre prospection, rassemblez votre cible, vos marchés, vos sources de données et vos pratiques actuelles. Ajoutez quelques exemples de messages, votre notice de confidentialité et la procédure utilisée lorsqu’une personne refuse un contact. Ces éléments permettent de distinguer les besoins commerciaux des points qui nécessitent une validation juridique.

Lead Generation Switzerland est une agence suisse B2B basée à Genève, dirigée par son fondateur Philip Allsopp. Elle construit et pilote des programmes outbound à Genève, Lausanne, Zurich, Bâle, Zoug et Berne, en français, anglais et allemand. Son travail couvre la définition du profil client idéal, les listes suisses vérifiées, les prises de contact par email, LinkedIn et téléphone, les réunions qualifiées inscrites dans votre agenda et le reporting hebdomadaire.

Les offres Starter, Growth et Premium permettent de discuter du périmètre approprié. Pour examiner votre situation, réservez un appel stratégique avec Lead Generation Switzerland. L’objectif est de cadrer un dispositif pertinent et contrôlable, avec un conseil juridique externe lorsque votre cas l’exige.

Questions et réponses

Peut on prospecter une adresse professionnelle publiée en ligne ?

Sa publication ne vaut pas consentement général. Vérifiez séparément les conditions d’utilisation des données selon la nLPD et les règles du canal selon la LCD. Pour la publicité de masse par télécommunication, un consentement préalable est en principe nécessaire, sauf exception applicable. La pertinence B2B du message ne suffit pas à elle seule.

La nLPD exige t elle toujours un consentement pour traiter un contact B2B ?

Non. Dans le secteur privé suisse, le consentement n’est pas une condition universelle de tout traitement. Les principes de la nLPD restent applicables et une atteinte à la personnalité peut nécessiter un motif justificatif. La LCD peut toutefois exiger un consentement pour certaines sollicitations, indépendamment de l’analyse relative aux données.

Que faut il conserver après une opposition à la prospection ?

Arrêtez les sollicitations concernées et désactivez les relances programmées. Une liste d’exclusion minimale peut conserver les éléments nécessaires pour empêcher un nouveau contact, avec des accès restreints et une finalité documentée. Cela ne justifie pas de garder tout le dossier commercial. Examinez séparément les éventuelles obligations de conservation et demandes d’effacement.

Une agence suisse doit elle appliquer le RGPD pour chaque contact européen ?

Il faut examiner le champ territorial du RGPD, notamment l’établissement dans l’Union, le ciblage de personnes qui s’y trouvent et le suivi de leur comportement. Une adresse européenne ne tranche pas seule cette question. Vérifiez aussi les règles nationales de prospection électronique. Un programme visant plusieurs pays nécessite une analyse juridique adaptée.

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